Des animés, mangas et jeux vidéos japonais menacés par la législation locale.

Écrit par Electra

Les fans d’animés, de mangas et de jeux vidéos produits au Japon vont sûrement bientôt remarquer des changements dans l’accessibilité et le contenu des productions professionnelles aussi bien qu’amateurs. Le décret du 13 décembre 2010 concernant la jeunesse et afférent à la loi 156 de Tokyo, ‘loi sur les crimes non existants’, qui entre en vigueur cette année, a pour objectif de limiter la distribution et le contenu de ces productions dans la métropole.

La loi augmente les pouvoirs de la préfecture de Tokyo pour réguler la vente et la location de ces média ‘dangereux’ pour les personnes de moins de 18 ans. Il étend également la définition actuelle de ‘dangereux’ pour les productions qui « glorifient ou exagèrent de manière injustifiée’ certains actes ou pseudo-actes sexuels; les lois précédentes limitaient seulement la distribution aux moins de 18 ans, de productions ‘sexuellement incitatives, encourageant la cruauté, et/ou pouvant inspirer un comportement suicidaire ou criminel’.

La loi concerne les ‘publications’, y compris les livres, DVDs et CDs, réalisés professionnellement ou par des fans. Cependant, elle ne semble pas s’appliquer aux sites mobiles ou téléchargements, malgré l’obligation d’installer des filtres de contenus sur tous les téléphones mobiles des moins de 18 ans.

Le 15 décembre 2010, l’assemblée générale de Tokyo a passé cette loi concernant la jeunesse qui pourrait décourager les fournisseurs de contenu à Tokyo, un centre majeur pour les industries d’animés, de manga et de jeux vidéos, de créer de nouveaux contenus susceptibles de violer cette nouvelle loi, même si la cible était les plus de 18 ans. Cette répercussion est d’autant plus probable que la loi ne spécifie pas les moyens exacts de contraintes prévus, d’où l’incertitude des créateurs sur les conséquences d’être victimes de la loi.

La loi a été votée au milieu d’une condamnation de grande envergure de la part des créateurs professionnels et de membres du gouvernement national, et aussi de fans. Les fans ont exprimé leur opposition sous forme de créations dôjin (réalisées par des fans), y compris des bandes dessinées et des vidéos (le lien requiert une inscription) qui combinent la transformation de travaux existant et l’analyse et la critique de la législation.

En parallèle, l’Association des Animations Japonaises condamne la loi pour sa tentative de réguler la liberté de parole et d’expression créative, pendant qu’un groupe important d’éditeurs de manga annoncent un boycott de la convention d’animé de Tokyo 2011 (finalement annulée), un évènement majeur sponsorisé par le gouvernement de Tokyo. D’autres personnes, comme le premier ministre japonais Kan Naoto, ont exprimé leur inquiétude concernant l’impact de la loi sur l’industrie de contenu créatif centralisée à Tokyo.

La régulation volontarisée de contenu par les créateurs industriels et les fans est entrée en vigueur au début du mois d’avril. Les applications de la loi s’intensifieront courant juillet, lors que la loi pour la vente et la location de produits aux moins de 18 ans sera effective.